#3 “A popular author’s first book”.

Troisième livre du 2015 reading challenge: j’ai choisi Des Feuilles dans la bourrasque de Gabriel García Márquez (La Hojarasca en espagnol).

J’ai adoré l’univers de García Márquez dès que je l’ai découvert avec Cent ans de Solitude, qui est pour moi le roman de vacances par excellence: c’est long, c’est compliqué, et l’auteur nous emmène dans des lieux totalement ahurissants au fin fond de la selva qu’il apprécie tant. Après ce livre, ce fut l’éblouissement de l’Amour au temps du choléra  il y a deux ans, un de mes romans préférés à ce jour: c’est non seulement une sublime histoire d’amour mais aussi sur le temps qui passe. Et c’est cela que Márquez transcrit si bien dans son oeuvre: le temps semble à la fois suspendu dans la chaleur étouffante d’un après-midi d’un village colombien et triompher des années et des âges, entre histoires d’amour et malédictions de générations.

Bref je m’égare, et je reviens aux Feuilles dans la bourrasque, paru en 1955, dans la dix-neuvième année de l’auteur. Pour moi qui fêterai mes 22 ans la semaine prochaine, je réalise soudainement la vérité de l’expression “la grandeur n’atteint pas le nombre des années”. Je me trouve soudainement très vieille et surtout pas très douée quand je termine ce petit livre. Comment quelqu’un d’aussi jeune a-t-il pu à ce point cerner la nature humaine et la description du temps qui passe?

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Des Feuilles dans la bourrasque (titre original: La Hojarasca), Editions Grasset, collections “Les Cahiers rouges”. 168p

Chez Márquez, le temps prend une toute autre dimension, et ici on a l’impression que la description du temps passe prime sur l’intrigue première, qui est un enterrement de famille décrit par plusieurs membres d’une même famille. A mon goût, on retrouve déjà dans ce premier roman les éléments qui seront dans ses chefs- d’oeuvre: intrigues familiales, morts et après-midi interminables. En effet, Le temps dure plus longtemps et semble s’épaissir, et on a vraiment l’impression étouffante d’être coincé-e avec les personnages dans ces grandes maisons sombres à l’abri de la chaleur, où il ne se passe jamais grand-chose. C’est peut-être ça qui m’attire le plus chez cet auteur, la façon dont il joue avec le temps au fil de sa plume incroyable. Encore une fois ici, je mesure l’importance d’avoir une traduction digne du génie de l’auteur, ce qui fut le cas dans cette édition de chez Grasset.

En définitive, je suis encore une fois tombée sous le charme de cet auteur et j’espère avoir l’occasion de lire ses autres prochainement. Des suggestions?

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