#5 “A book you were supposed to read at school but didn’t”

Cher-e lecteur-trice

Cinquième livre du challenge! Un-dixième du travail accompli, et plus de la moitié du temps écoulé… Autant dire que j’aime faire les choses dans le temps long. J’ai cependant bon espoir que l’été m’apporte un peu de temps libre, histoire de me mettre sérieusement au reading challenge.

Selon les programmes scolaires, on devrait tous avoir lu et relu les grands classiques à la sortie du lycée. On ne va pas se mentir: j’ai maintenant beaucoup de mal avec des auteurs comme Maupassant ou Jean-Paul Sartre, parce que j’ai l’impression des les avoir trop étudiés au collège et au lycée. En revanche, il y a des livres dont je suis passée totalement à côté. Petite session de rattrapage avec To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur en français) d’Harper Lee, paru en 1960.

Deuxième livre que j’ai lu en anglais pour les besoins de ce challenge, il m’a été rapporté des Etats-Unis par ma charmante tante Rosine il y a quelques années de cela. Ici encore donc, un défi linguistique que j’ai mis près de deux mois à relever. J’ai trouvé l’anglais assez difficile à comprendre: la narratrice alterne entre un anglais du Sud des Etats-Unis, et des passages au vocabulaire académique et ciselé. S’il m’a fallu un peu de courage pour dépasser les cinquante premières pages, l’histoire a fait le reste.

To Kill a Mockingbird, Harper Lee, 1960, 384p.
To Kill a Mockingbird, Harper Lee, 1960, 384p.

To kill a Mockingbird est raconté du point de vue de la jeune Jean Louise “Scout” Finch, petite fille vivant dans un village de l’Aabama durant les années de la Grande Dépression. On vit donc à travers son regard et sa candeur la vie d’une ville “banale” de l’Amérique des années trente, sur fond de racisme et de pression sociale.

Le tour de force de Harper Lee réside à mes yeux dans le traitement de thèmes sociaux: la petite Scout Finch, candide et enjouée, peine à comprendre les tensions raciales qui se jouent devant elle. A travers ses yeux, les tensions entre Blancs et Noirs et entre hommes et femmes semblent encore plus injustes.

Scout est entourée par une série de personnages masculins qui rythment sa vie et dont elle tire sa force: Atticus Finch, son père adoré et avocat qui n’hésite pas à défendre la causes des Noirs dans l’Alabama encore profondément marqué par le passé colonial, son frère Jem qu’elle suit partout et un mystérieux voisin Boo Radley, reclus chez lui et qui la fascine. Parce qu’elle est entourée d’hommes “forts”, les carcans sociaux qui cherchent à en faire une petite fille sage n’ont que peu d’impact sur elle. J’ignorais totalement la portée féministe de cette oeuvre.

La scène qui m’a  particulièrement plue est bien sûr celle du procès, où Atticus Finch défend la cause de Tom Robinson, un jeune Noir accusé d’avoir violé une jeune fille blanche. A travers le récit de Scout, le lecteur adulte discerne la tension raciale du procès qu’elle-même ne peut comprendre du fait de son jeune âge. C’est à mon sens ce qui fait la force de ce récit: l’enfant raconte ce qu’il a vu ou entendu, et c’est au lecteur adulte d’interpréter la brutalité de la société.

Onto the next one!

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