#6 “A book you own but never read”

Il y a des livres qui prennent la poussière pendant des années sur une étagère avant qu’enfin on se décide à les sortir de leur grand sommeil. Des livres qui semblent faits pour une occasion spéciale. Des livres comme Geisha d’Arthur Golden (1997).

Combien de fois ai-je admiré la couverture de ce livre sans avoir vraiment le temps de m’y plonger? Intéressée par la culture japonaise depuis quelques mois (Jack I’m talking to you), le challenge représentait donc l’occasion idéale pour prendre le livre mal-aimé sous mon aile, ou du moins dans mon sac.

Geisha, Arthur Golden, Le Livre de Poche, 1997, 575 p.
Geisha, Arthur Golden, Le Livre de Poche, 1997, 575 p.

Le narrateur retranscrit ici les mémoires fictionnelles de la Geisha Sayuri, une des plus grandes de son temps et qui vit retirée à New York après des années de gloire au Japon. Sayuri a un don: elle a d’extraordinaires yeux bleus dont elle a appris à se servir comme d’une arme de séduction. Arrachée de ses parents et envoyée à Kyoto pour devenir geisha, la jeune Sayuri comprend alors que son salut se trouve dans l’apprentissage des rites et les longues soirées en compagnies des riches clients.

Plusieurs éléments méritent d’être notés dans ce très bon roman. Tout d’abord, venant d’un auteur américain et “occidental”, j’ai été absolument soufflée par la force des images et des évocations qu’il utilise, qu’on ne retrouve pas dans la littérature occidentale. Le tout donne un mélange complexe et vivifiant entre la force des évocations utilisées les éléments naturels auxquels il fait constamment référence. Par ailleurs, totalement ignorante en matière de civilisation japonaise (pour l’instant), j’ai eu l’impression de rentrer dans l’univers inconnu et feutré des geishas de façon totalement inédite. Cérémonie du thé, choix des kimonos, intrigues amoureuses et voyages d’affaire: la vie des geishas n’est qu’une succession de cérémonies extrêmement codifiées, peu compréhensibles pour des Européens. Ainsi, l’acte sexuel (les geishas sont payées pour divertir des clients fortunés, ne l’oublions pas) est relégué au second plan de l’intrigue, comme une autre cérémonie utilitariste par laquelle il faut passer. Cependant, quelques recherches sur Internet indiquent que Golden aurait inventé des éléments de toutes pièces pour rendre son récit plus attrayant. C’est bien dommage. Quoi qu’il en soit, on a l’impression de pénétrer dans un monde totalement inconnu et c’est ce qui m’a plue.

Sinon, j’ai déniché un portrait de la seule geisha non-Japonaise à exercer à Tokyo. On repassera pour le ton franchement condescendant de Marie-Claire, mais l’interview vaut le détour!

さようなら !

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