#41 “A book with bad reviews”

De tous les genres littéraires, l’essai est peut-être celui qui me touche le moins. Trop impersonnel ou polémique. J’ai besoin que l’argument soit enrobé dans une fiction avec personnages et suite narrative. Cependant, cette catégorie m’est apparue comme une opportunité d’explorer de nouveaux horizons littéraires.

Lors de sa sortie en septembre 2014, Merci pour ce moment avait fait trembler la scène littéraire et politique. Ruptures de stock en librairie et parution des bonnes pages dans tous les journaux, il n’y en avait que pour le livre de la Première Dame bafouée. Un rapide coup d’oeil aux critiques de l’époque s’avère assez intéressant: “On dirait du Guillaume Musso en moins bien” (l’Express); “Trierweiler écrit comme une fillette de douze ans, et pas précoce” (Les Inrocks). Autant dire, les avis ne sont pas très tendres sur le livre vengeur de la journaliste à Paris-Match propulsée au sommet de l’Etat par son histoire amoureuse avec le futur Président de la République.

Valérie Trierweiler, Merci pour ce moment, Les arènes, 2014, 352p.
Valérie Trierweiler, Merci pour ce moment, Les arènes, 2014, 352p.

J’avoue pour ma part être assez partagée sur ce livre que j’ai dévoré en une journée. Merci pour ce moment se lit d’une traite, tant le lecteur est happé dans la relation passionnelle qui unit la journaliste et l’homme politique. Les débuts timides, les temps de campagne, et bien sûr l’affaire avec Julie Gayet dont la presse s’empare bientôt. On imagine à chaque page la libération que doit ressentir Valérie Trierweiler à raconter chaque détail d’une relation toxique. Et on ne peut s’empêcher d’être mortifié à la lecture du portrait au vitriol que fait Trierweiler de son ancien compagnon: un homme froid et calculateur, redoutablement intelligent, à l’ego surdimentionné.

Dans son livre, Valérie Trierweiler dévoile aussi son enfance modeste dans la banlieue d’Angers et ses débuts en tant que journaliste. C’est peut-être cette facette de la personnalité de Valérie Trierweiler qui m’a le moins émue chez elle: pourquoi ce besoin de vouloir se rappeler, nous rappeler d’où elle vient? J’ai du mal à voir ce que la “la fille de la ZUP d’Angers” vient ajouter au portrait déjà bien chargé de François Hollande. Ce besoin obsession de vouloir se justifier, elle la prolétaire au milieu des intellectuels parisiens qu’elle abhorre a tendance à énerver au fil des pages. Je recommande cependant la lecture de ce livre vengeur et croustillant à tous ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur les coulisses du pouvoir.

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