#43 “A memoir”

De tous les ouvrages dans lesquels j’aurais pu me plonger pour les besoins de cette catégorie, je crois avoir choisi le plus inattendu. A vrai dire, à la fin de mon marathon, je commence à m’essouffler un peu. Pas envie de lire les Mémoires d’Outre-Tombe de Chateaubriand. Pas le temps pour les Mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir. Plus tard. Peut-être.

Isaure, Mémoires d'une femme de ménage, Grasset, 2012, 224p.
Isaure, Mémoires d’une femme de ménage, Grasset, 2012, 224p.

On se souvient du phénomène des Quais de Ouistreham de la journaliste Florence Aubenas et sa plongée vertigineuse dans la précarité des femmes de ménage de Caen.  Chez Isaure, aucun manifeste pour des lendemains meilleurs, pas de condamnation de la précarité des “techniciennes de service”.

Etudiante en lettres le jour, la jeune Isaure gagne son argent de poche en faisant des ménages dans la banlieue rennaise. Quelques années plus tard, la jeune femme montée à Paris décide de se concentrer à plein temps à cette activité et de relater ses aventures dans un livre.

J’ai terminé le livre en une journée. Quelque chose dans la prose enlevée de la jeune femme, de son je-m’en-foutisme, de ses descriptions décapantes, de ses réflexions aussi. On rigole beaucoup dans ce livre franchement déconcertant. Cela n’était pourtant pas gagné. J’ai mis quelques temps à m’habituer à son style, qui peut paraître condescendant au début. Oui Isaure, on le sait, tu es en licence de lettres et tu fais des ménages, c’est pas drôle, mais pas besoin d’étaler ton vocabulaire et ton dégoût de la chose non plus hein. Au fil des pages le ton change heureusement. Isaure s’humanise et nous fait beaucoup rire. Les descriptions des intérieurs des bénéficiaires tient du scénario catastrophe et de vraies expériences. On en vient à apprécier son franc-parler. Finalement, ce livre évite l’écueil majeur qui le menaçait: un récit où la lutte des classes se joue, observation participante dans le quotidien de celles que l’on entend jamais. Le ton d’Isaure est toujours bienveillant, détaché et finalement attachant.

Petit clin d’oeil à la Magie du rangement de Marie Kondo, qui  a fait l’objet d’un article il y a quelques semaines: après ant d’intérieurs visités et récurés, Isaure parvient à la même conclusion que la spécialiste du rangement made in Japan: rien ne sert d’être entouré de beaucoup de choses. Posséder efficacement pour vivre mieux. Nul besoin de vous dire que la lecture de ce livre a été suivie d’une énorme session rangement bien méritée!

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2 thoughts on “#43 “A memoir”

  1. Je devrais le lire pour me mettre à ranger un peu plus souvent alors !
    Quoi qu’il en soit je ne connaissais pas ce livre, mais je devrais m’y attarder ! Et tu devrais vraiment lire Mémoires d’une Jeune Fille Rangée, ce livre est top…

    (pour la booktubeuse au fait : j’ai vérifié, c’est bien Hajar Read) 😉

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