Roman des Etudiants 3/5

Nouvelle semaine, nouvelle étape dans les lectures de la sélection du RDE. Moi qui rêvais de lire ce que je voulais, de prendre mon temps après la frénésie du challenge 2O15, j’ai comme l’impression d’être repartie dans une cadence soutenue infernale. Toutefois je ne regrette rien: les échanges sur la sélection. avec les autres jurés s’affinent et deviennent très intéressants au fur et à mesure que nous progressons dans nos lectures respectives.

Voici un résumé de ce que j’ai lu ces derniers temps:

La Splendeur dans l’herbe – Patrick Lapeyre

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Patrick Lapeyre, La Splendeur dans l’herbe, P.O.L, 2016, 324p.

A priori, Sybil et Homer n’ont rien en commun. Mis à part le fait qu’ils se sont tous les deux fait lâchement plaquer par leur conjoint(e) respectif(ve), qui sont partis s’installer à Chypre. Sybil et Homer décident de se rencontrer pour parler de ce qui vient de leur arriver et peut être retrouver les restes de leur histoire précédente. Naît alors une histoire d’amour entre les deux amants éconduits. Mais que peut-on vraiment bâtir sur le deuil d’une relation précédente?

Grande découverte que ce roman de Patrick Lapeyre. Voici un écrivain doué d’un profond talent pour explorer les relations humaines, et surtout, la relation à soi. C’et une plongée dans l’intime, dans toute sa beauté et sa pudeur. Je me suis retrouvée à plusieurs reprises dans le portrait de ces âmes un peu perdues, tiraillées entre les cendres d’un amour disparu et l’envie de s’investir à nouveau. La peur de passer à côté de quelque chose contre la hantise de briser à nouveau son coeur. On pardonne aisément quelques longueurs sur la fin et un style parfois un peu trop monocorde.

La Cache – Christophe Boltanski

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Christophe Boltanski, La Cache, Stock, 2015, 344p.

De toute la sélection RDE 2016, je n’aurais pu trouver livre plus dissemblable à celui que je viens d’évoquer quelques lignes plus haut. Et la confrontation entre les deux n’en a été que plus enrichissante. Je m’explique: autant Patrick Lapeyre dépeint avec brio les relations humaines, autant Boltanski est un professionnel de la description et des choses matérielles. Mes lectures de l’année passée m’ont fait prendre conscience de mes réflexes (ou mauvaises habitudes) de lectrice: j’ai toujours tendance à me concentrer sur deux choses dans un roman: l’intériorité des personnages et leurs interactions, et l’environnement matériel qui les entoure. Ainsi, pour moi, une Jane Austen aura autant de talent dans la description de la gentry à l’ère victorienne qu’un Stephen King dans un passage de Joyland. On ne peut pas être bon partout. J’aime les deux, sans concession.

Bref, tout ça pour vous dire que ce premier roman qui décrit la famille Boltanski donne lieu à de sublimes descriptions d’un appartement parisien, à la fois cocon familial du clan et prison infernale. L’appartement devient un personnage à part entière. Un voyage dans le temps et les souvenirs, où hommes et choses finissent par ne faire plus qu’un. Sans être un coup de coeur, ce roman est un sérieux candidat pour le prix et surtout un premier roman très prometteur.

J’ai récupéré la fin de la sélection et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle chronique RDE!

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