Dans le grand cercle du monde • Joseph Boyden

Ca y est les amis, j’attaque les livres que je me suis offerts pour Noël! Tout espoir n’est pas perdu.

Je ne sais pas vous, mais jusqu’à récemment, quand on me parlait des Premières Nations d’Amérique, je me figurais des tribus indiennes peinturlurées et chevauchant au vent dans les grandes plaines. Un poil réducteur tout de même.

Il y a quelques semaines, j’ai suivi- et complété-  un MOOC (un cours en ligne, pour les non initiés) d’une université canadienne sur l’histoire politique du Québec. Un des moments les plus marquants de cette formation à mes yeux a été l’approche de l’histoire du peuplement du Québec. J’y ai découvert une incroyable diversité de peuples, dont l’évolution a marqué l’évolution de la Nouvelle-France. Et là je me suis sentie bien bête tout d’un coup.

Pour approfondir mes récentes découvertes, j’ai commencé Dans le grand cercle du Monde du Canadien Joseph Boyden (The Orenda en anglais). Ce roman fleuve retrace l’histoire des premiers colons européens emmenés par Samuel de Champlain au début du XVIIème siècle.

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Joseph Boyden, Dans le grand cercle du monde, Albin Michel, 2015, 608p.

Le roman est une oeuvre à trois voix: on suit à la fois Christophe, jésuite français désireux de convertir les peuples qu’il rencontre au christianisme, Oiseau, chef huron, et sa fille adoptive Chutes-de-Neige, iroquoise enlevée comme tribut de guerre dans son enfance et qui oscille entre ses deux familles. L’intensité narrative et le foisonnement de détails donnent un roman enlevé et particulièrement bien documenté sur la situation politique de la région à l’arrivée des colons dans ce qui n’est encore connu que sous le nom de “Kanata”. A la guerre contre lesautres tribus se mêlent les intérêts économiques du commerce de peaux et de métaux avec ces étranges “barbus” à la peau blanche.

Bref, on est aux antipodes du très cliché “Danse avec les Loups”. C’est un livre violent, sans concession, où les colons n’ont pas vraiment le beau rôle. Un changement de perspective qu’on apprécie!

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#27 “A book by an author you love you haven’t read yet”

Généralement, j’aime écrire un article sur ce blog dès que je finis un livre, pour avoir l’intrigue encore fraîche dans la tête. Pour écrire ce poste, il m’a fallu plusieurs jours pour me remettre de mes émotions. En effet, dans la série “femmes fortes”, je crois que je suis tombée sur un grand livre avec Histoire d’Omaya de la Canadienne Nancy Huston.

De cet auteur, j’avais déjà lu au lycée Lignes de faille qui m’avait profondément marquée. N’ayant rien lu d’elle depuis, j’ai été assez enthousiaste de retrouver son écriture acérée. J’étais loin de me douter de la claque littéraire que j’étais sur le point de me prendre.

Nancy Huston, Histoire d'Omaya, Actes Sud, 1985, 205p.
Nancy Huston, Histoire d’Omaya, Actes Sud, 1985, 205p.

Histoire d’Omaya, c’est l’histoire d’une femme enfermée dans sa paranoïa et affirme avoir subi un viol collectif. Du fait de ses troubles, personne ne veut croire à sa version des faits. Sa famille, sa compagne, les juges, tous la pensent affabulatrice et lui demandent de renoncer aux poursuites.. Le jugement des autres devient une cage tout aussi confinante que celle de sa propre névrose. Les pages s’enchaînent avec des passages bruts comme du verre pilé.

Comment traiter la responsabilité d’un malade mental au tribunal? Qui faut-il croire? Ce roman n’est-il finalement que la profonde rêverie d’une femme détraquée par ses troubles psychiques? Je n’ai pas su déterminer la vraie fin de ce livre, et c’est peut-être mieux ainsi. Ce roman donne en tout cas une voix à toutes ces personnes que l’on voudrait faire taire, et apporte un peu de compassion sur un sujet éminemment difficile.

#15 ” A book with more than 500 pages” – semaine canadienne 3/3

Happy Canada day everyone!

La semaine canadienne maison se termine ici. Je vous fais part aujourd’hui d’un vrai coup de coeur littéraire en provenance du Québec: Le Matou de Yves Beauchemin.

Dans un challenge comme celui-ci où les catégories s’enchaînent à raison d’un livre par semaine (en théorie), chaque page compte  et on aurait presque tendance à privilégier les petits livres qui se lisent rapidement non non ce n’est pas de la triche. Et puis de temps en temps on se retrouve à lire des pavés de 500 pages, histoire de vraiment mériter de stabiloter sa catégorie.

Le Matou, Yves Beauchemin,  ViaMédias Editions, 2006, 626 p.

Le Matou  est un de ces livres  savoureux qui vous emportent dans leur univers dès la première page. Autour des personnages principaux, Elise et Florent Boissonault, un jeune couple qui rêve d’ouvrir leur propre restaurant à Montréal, on retrouve tout une galerie de personnages plus fantasques les uns que les autres. Il y a Monsieur Picquot, le cuisinier français et charmeur, Monsieur Emile, un petit garçon délaissé par sa mère que le couple prend en affection, Déjeuner son chat, et surtout le mystérieux Egon Ratablavasky, qui semble les poursuivre de sa malédiction. Ce livre est par bien des égards une sorte de conte, à la fois drôle et cruel, et qui nous emmène dans le Montréal des années 1980. Le Matou est porté par l’écriture incomparable de Yves Beauchemin, riche et foisonnante. Chaque personnage est travaillé, chaque description, extrêmement fouillée et presque toujours drôle.

Bref, je ne peux que vous conseiller ce livre!

Visite de Abbey Bookshop – semaine canadienne 2/3

On continue notre semaine canadienne avec une excursion dans les petites rues de Saint-Michel, où se trouve la librairie canadienne the Abbey Road, rue de la Parchemin à Paris.

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Les amateurs de livres en anglais connaissent certainement Shakespeare and Company près des quais de Seine. Autant de livres dans si peu de mètres carrés, personnellement cela me fascine toujours. Qui sait qu’à deux pas de là, se trouve une librairie canadienne tout aussi incroyable? C’est la découverte que j’ai faite il y a quelques semaines pendant un dimanche ensoleillé.

L’endroit est proprement incroyable. Comme vous pouvez le constater, il y en a jusqu’au plafond. On ose à peine bouger de peur de renverser une pile, et retrouver un titre précis qu’on a en tête relève du miracle si l’on est pas aidé par le sympathique gérant. Un conseil: se laisser guider par les couvertures et les rayonnages sans avoir d’idée précise en tête. Ou bien, partir à la recherche de la littérature canadienne: Douglas Coupland, Alice Munroe, Nancy Huston, on a l’embarras du choix!

Bref, n’hésitez pas à passer la porte ce petit endroit charmant!

Claustrophobes s'abstenir.
Claustrophobes s’abstenir.

Abbey Bookshop

29, rue de la Parcheminerie- 75005 PARIS

Métro Cluny- La Sorbonne (10)

https://abbeybookshop.wordpress.com

#14 “A graphic book” – semaine canadienne 1/3

Il y a quelques semaines, je vous confiais ma légère obsession des listes et autres choses bien ordonnées. Pour être exacte et compléter la panoplie, il faut également que je vous parle de mon goût pour tout ce qui touche au Canada. Depuis mon retour d’échange universitaire à Victoria l’an dernier, je suis tombée amoureuse de ce grand pays. Evénements culturels, accent chantant et Tim Horton’s, je prends tout. Aussi, à quelques jours du Canada Day qui se tiendra le 1er juillet prochain, j’ai décidé de consacrer quelques articles à ce pays que j’aime tant. Le principe: je publie un article tous les deux jours jusqu’au 1er juillet sur le thème du Canada.

Je commence donc avec une bande dessinée, lue il y a quelques jours tout à fait par hasard, en furetant dans les grands bacs de la bibliothèque. Il s’agit de Québec, un détroit dans le fleuve, paru en 2008 à l’occasion du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec par Samuel de Champlain. Je ne suis pas très fan des BD et pour tout dire je n’y connais pas grand-chose. Je me suis cependant laissée tenter par cette BD qui propose quatre histoires différentes ayant lieu dans la belle ville de Québec.

Québec, un détroit dans le fleuve, Casterman, 2008, 64p.
Québec, un détroit dans le fleuve, Casterman, 2008, 64p.

Différentes histoires, différents styles. Cette BD a eu le mérite de me montrer une variété dans la narration et les illustrations, ce que j’ai particulièrement apprécié. Bref, j’ai peut-être eu tort de délaisser le 9e art trop longtemps, et je ne dirais pas non à des suggestions de titres à l’avenir!

Je vous donne donc rendez-vous le 29 juin et le 1er juillet sur le blog pour de nouveaux articles, made in maple leaf country!