Recyclivre

Hé vous savez quoi? Le blog vient de souffler sa première bougie! Whoop whoop, ça se fête!

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Pour l’occasion, j’ai envie d’ouvrir une nouvelle rubrique. De vous parler des gens que l’aventure A Bookiful Day me fait rencontrer.

Pour ce premier article, je vous emmène sur les traces de Recyclivre, librairie éco-citoyenne animée en région lilloise par Johann Vandomber.

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Crédits photo: Recyclivre

Ce qui frappe au premier abord chez Johann, c’est sa véritable passion des livres. Clairement, je me trouve en face d’un bouquinovore troisième dan, mordu depuis son plus jeune âge. L’étincelle dans son regard lorsqu’il saisit un album de BD au détour d’une visite des locaux ne trompe pas. Alors vous imaginez, travailler au milieu des livres toute la journée, c’est le rêve du petit garçon dans un magasin de bonbons. Johann l’avoue: “Ca m’arrive d’emprunter des livres d’ici pour les lire chez moi. Mais je les rends après hein, promis!”. Nulle crainte Johann, ton secret sera bien gardé en ce lieu.

Aussi, ne lui parlez pas du danger des liseuses pour l’industrie du livre papier. Pour cet amoureux de la “culture des bibliothèques”, pas de danger que le livre disparaisse. Et à voir les quelques milliers de bouquins qui nous entourent, je suis bien tentée de le croire.

Nous sommes donc dans les locaux de Recyclivre à Lille, rue du Jardin des Plantes, où l’entreprise vient d’établir ses quartiers. D’énormes conteneurs remplis de livres récoltés auprès de particuliers et d’entreprises sont entreposés là, en attente d’être encodés et revendus. Internet n’est pas encore installé, et on peine à trouver un endroit où s’asseoir dans ce qui ressemble pour l’instant au paradis perdu des brocanteurs. Mais l’enthousiasme est palpable et communicatif.

Johann n’en est pas à son coup d’essai: après de nombreuses années dans l’associatif et l’insertion, ce Roubaisien d’origine décide de monter sa librairie solidaire OccaZou et sillonne la métropole avec son bibliobus de choc. En 2015, il devient le responsable régional de Recylivre. Au fil des mois, les partenariats se mettent en place: collectivités, structures associatives et d’insertion s’associent au projet.

Au fil de notre conversation, Johann nous confie des anecdotes sur son parcours de libraire solidaire: “Je me souviens  d’une commande record où un monsieur avait acheté près de 200 livres d’un coup pour l’anniversaire de sa femme.” Pourtant, en termes de client-cible, difficile de tracer un portrait robot: “Les gens achètent de tout, du polar comme de la BD, du Marc Lévy à Claude Lévy-Strauss.” (pun intended).

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Crédits photo: Recyclivre

Mais Recyclivre, c’est quoi au juste? C’est une entreprise éco-citoyenne fondée en 2008 qui se charge de collecter des livres auprès des particuliers, des entreprises et des collectivités (attention, selon certains critères tout de même). Ces livres sont ensuite encodés et revendus sur leur site ainsi que via d’autres plateformes telles qu’Amazon ou PriceMinister. 10% des bénéfices sont reversés aux partenaires et 10% à une association choisie par l’entreprise. Au total, ce sont près d’1 million de livres qui on été vendus en 10 ans, avec une belle moyenne de 50 000 livres par mois.

Recylivre, c’est donc une entreprise solidaire qui montre que d’autres modes de consommation de biens culturels sont possibles. Mais Johann garde les pieds sur terre: difficile de faire le poids face aux géants du marché: “On a parfois l’impression de se battre contre des moulins à vent. Mais les choses changent lentement. Dix pour cent des bénéfices reversés à une association, ça commence à faire une différence”.

Un pragmatisme qui pousse à frayer avec les grandes plateformes traditionnelles type Amazon. Un paradoxe? Johann le voit plutôt comme une opportunité: “C’est un phénomène auquel on est confrontés. On nous reproche souvent de nous associer à Amazon. Mais sans ça, on ne pourrait pas payer tous nos salariés”.

Nul doute que Recyclivre a de beaux jours devant lui en terres lilloises et ailleurs. Une éco-entreprise toujours en quête de nouveaux dons et partenariats et qui n’attend que vous pour prospérer!

Merci à Johann pour sa disponibilité et sa bonne humeur! 

Recylivre

Antenne Lille: Johann Vandomber – 99 rue du Jardin des Plantes – 03 66 72 61 01 

http://www.recyclivre.com 

Retrouvez Recylivre sur Amazon et PriceMinister.

 

Testé pour vous • Big Magic – Elizabeth Gilbert

 

On se retrouve pour une troisième revue d’un livre de développement personnel. Je crois pouvoir dire que de tous ceux que j’ai lus pour l’instant, Big Magic, d’Elizabeth Gilbert, est mon favori.

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Elizabeth Gilbert, Big Magic – Creative Living Beyond Fear, Riverhead Books, 2015, 288p.

Bon, premièrement, on en parle, de cette couverture absolument incroyable?! Ca en brillerait presque dans le noir. En tout cas, je peux vous assurer le livre ne passera pas inaperçu dans le métro. Rien qu’à le regarder, on se recharge en vitamine C. Et la couverture est à l’égal du reste du livre : vitaminé et inspirant.

Le pitch

Après des années de galères pour être publiée, Elizabeth Gilbert signe un des grands best-sellers de ces dix dernières années : Mange, prie, aime. Certains ont également du voir le film avec Julia Roberts. Comment se remettre en selle après un tel succès ? La muse de l’inspiration sera-t-elle encore au rendez-vous ? Est-il seulement raisonnable de demander ses bonnes grâces ? Dans Big Magic, l’auteur raconte avec humour et talent son parcours sur la route de la créativité, à la recherche de l’inspiration.

Quelques thèmes ressortent à mes yeux :

 Continuer à faire ce qu’on aime, en dépit de tout:

 Enfant, l’auteur s’est faite une promesse solennelle : elle n’arrêterait jamais d’écrire, peu importe le succès qu’elle rencontrerait ou les difficultés pour parvenir en haut de l’affiche. Avoir un talent ne suffit pas, encore faut-il le cultiver soigneusement par un travail assidu et une confiance presque absurde en ses capacités. Le succès n’est qu’une éventualité en cours de route. Je dois avouer que ce discours résonne en moi, qui ai tendance à fonctionner qu’avec des objectifs quitte à oublier le chemin parcouru.

La peur, cette grande conseillère 

 J’ai rarement croisé un auteur avec un ton aussi dur dans l’introspection : à la lire, la petite Gilbert était une sacrée trouillarde ! Assez pour l’empêcher de tenter de nouvelles expériences. Jusqu’au jour où elle a appris a écouter son imagination et son côté créatif pour se lancer dans l’aventure de l’écriture. Encore une fois, j’ai l’impression que ce chapitre a été écrit pour moi. Je me désole souvent de mon côté pantouflard de première (je vous promets, je travaille là-dessus). Peur et Inspiration, comme les petits personnages de Vice Versa, doivent aller de pair pour mener une vie équilibrée.

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Non mais quelle drama queen cette Peur

Rester ouvert et curieux 

Quand l’inspiration semble manquer, c’est souvent le signal qu’il faut regarder ce qu’il se passe autour de soi. Quels sont les signaux qu’on nous envoie  et où peuvent-ils nous mener ? Gilbert nous enjoint à ne pas vouloir faire sens de tout au premier coup, pour mieux nous laisser guider par nos passions et ce petit brin de chance. Vous avez saisi, on ouvre les chacras!

Vous l’aurez compris, je recommande chaudement ce livre revigorant, drôle et enthousiaste à souhait. Faites-vous ce cadeau, vous ne le regretterez pas !

Testé pour vous • The Defining Decade

On se retrouve avec une nouvelle édition du “Testé pour vous”, qui se veut un petit tour d’horizon des livres de développement personnel et autres recettes miracle qui circulent en librairie.

Le choix de ce mois-ci est assez personnel. Comme une bonne partie d’entre vous, je traverse actuellement une phase transitoire entre la fin des études et le début de la vie active, où les certitudes s’échelonnent rarement au-dessus de trois mois. Et soyons honnêtes, c’est un peu stressant (voire magistralement flippant) de devoir faire des choix qui vont impacter les prochaines années de nos vies. Quand j’ai entendu parler de The Defining Decade, de l’Américaine Meg Jay, j’ai pensé que ce livre pourrait apporter quelques réponses à mes questions.

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Meg Jay, The Defining Decade, Twelve Editions, 2013, 272p.

Le pitch: Les discours sur la jeunesse portent tous le même message: “30 is the new 20”.  L’espérance de vie augmente, l’individu cherche d’abord à s’accomplir sur le plan personnel, et quand les parents étaient pour la plupart mariés et avec enfants à vingt-cinq ans, la génération suivante sort tout juste des études et peine à trouver un sens à cette période que l’on dit “charnière”. Les jeunes ou (twentysomethings) sont tiraillés par les choix qu’ils doivent accomplir dans tous les domaines (les études, comment s’insérer sur le marché professionnel, une vie sociale et amoureuse réussie, les enfants) et l’impératif social de “profiter de ses jeunes années tant qu’il est encore temps”. Pas étonnant qu’on se sente déboussolés entre tous ces commandements contradictoires! C’est du moins le constat de la psychologue Meg Jay qui, de ses entretiens avec ses jeunes patients, en a tiré un manuel de survie à l’égard des jeunes pousses comme nous.

Ce qu’on nous promet: Certes, les années 20-30 ans sont cruciales car elles ont un impact sur le reste de notre vie. La clinicienne cherche cependant à (nous) rassurer. Par les exemples tirés de ses entretiens avec ses patients, Meg Jay nous montre que chacun peut se sortir de l’impasse dans laquelle il se sent coincé: une relation désastreuse, un job harassant, un manque de repères. Parce qu’il vaut mieux tenter de vivre que de se lamenter sur son sort ou le changement que l’on voudrait voir arriver dans nos vies. Si Jay nous apprend une chose, c’est d’avoir confiance en sa jeunesse, de s’en servir comme un arme pour affronter les défis qui sont autant de possibilités de grandir. Ce job que l’on pense impossible à avoir, pourquoi pas y croire et y candidater? Et ce projet d’intégrer une law school que l’on repousse depuis deux ans, qu’est-ce qu’on attend pour s’y mettre sérieusement? Et surtout, quel est le pire qui puisse nous arriver en cas d’échec? Pas grand-chose au final. Moi qui m’attendais à trouver un certain écart culturel entre l’Europe et les Etats-Unis en termes de vécu chez les jeunes, ce livre est bien la preuve que de part et d’autre de l’Atlantique, les expériences restent sensiblement les mêmes.

Et alors, ça fonctionne? Les échanges menés entre la psychologue et les jeunes souffrent d’une certaine inégalité. Si certains sont extrêmement instructifs et permettent d’engager une vraie réflexion avec son parcours, c’autres sont clairement moins intéressants. J’imagine que cela dépend des expériences de chacun. Pour ma part, j’ai particulièrement aimé le chapitre où Meg Jay aborde le fameux “réseau” et l’importance des “liens faibles” (weak ties en anglais). Cette fête ou l’on s’invente de fausses s’excuses pour ne pas y aller pourrait bien devenir un tournant dans notre existence, qui sait? Alors hop, on enfile autre chose que son bas de pyjama et on se bouge!

Bref, un ouvrage touchant et rythmé qui donne un sérieux coup de boost. On approuve!

Testé pour vous- The Miracle Morning

Je suis très heureuse d’inaugurer cette nouvelle chronique sur le blog où, à raison d’une fois par mois, je livrerai mes commentaires sur un de ces fameux livres de développement personnel qui ont tant de succès. Parce que s’il y a une méthode ici-bas pour transformer nos vies, autant qu’on soit au courant non? Plus qu’appliquer le message au premier degré, j’essayerai de lire entre les lignes pour voir se qui se cache vraiment derrière la méthode “miracle” qu’on nous propose. Et quel meilleur jour qu’un lundi matin pour publier ma chronique, histoire de démarrer la semaine du bon pied?

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Hal Elrod, The Miracle Morning, 2012, 170p.

Le premier à passer le test est The Miracle Morning d’Hal Elrod. Si j’ai surtout entendu parler de ce livre, c’est surtout à cause du phénomène mondial qu’il est en passe de susciter parmi la nouvelle génération de lève-tôt. Fini d’appuyer sur le bouton snooze à répétition (“if you snooze, you lose“), la nouvelle mode est de se lever aux aurores pour se donner du temps pour soi: méditation, lecture, exercice physique, tout est calibré et minuté pour démarrer la journée du bon pied.

Le pitch: L’auteur a connu une transformation radicale au cours de sa vie. Victime d’une accident de voiture alors qu’il n’a pas vingt ans, Elrod est un miraculé de la vie. Pourtant, le destin frappe à nouveau et la crise financière de 2007 lui fait perdre son travail et le plonge alors dans une sévère dépression. Jusqu’au jour où il écoute les conseils d’un ami et part faire un jogging matinal. C’est une révélation: l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt!

Ce qu’on nous promet: L’auteur est catégorique: tout le monde peut devenir “du matin”. il faut savoir pourquoi on se lève aussi tôt (Hal Elrod commence maintenant sa journée à 4h du matin). L’idée est d’appliquer les six “Life S.A.V.E.R.S” (silence, affirmation, visualisation, exercise, reading, scribing) en modulant la période de temps allouée à chacun de ses exercices selon ses propres besoins. L’idée est ensuite d’installer l’habitude par un challenge de trente jours.

Et alors, ça marche? Pour être honnête, je me suis toujours considérée comme une personne matinale. Me lever tôt ne me fait pas peur et j’aime ce surplus d’énergie que procure un réveil matinal. Mais de là à me lever  plus tôt que d’habitude tous les jours, c’était peut-être un peu exagéré. La lecture de The Miracle Morning  m’a pourtant incitée à avancer mon réveil d’une heure pour prendre un peu de temps pour moi et préparer ma journée (j’écris ce post à 6h37). Même si pour l’instant je préfère consacrer cette heure à d’autres activités plutôt que de suivre les conseils d’Elrod, je sens déjà que me lever tôt n’est plus un problème.On prend goût à ce petit temps et on est surpris de voir toutes les  choses qu’on peut faire si on se décide à se lever plus tôt!

On a parfois l’impressions que le livre n’est qu’un énorme drumroll où l’auteur explique pourquoi sa méthode ma changer votre vie, mais passe finalement peu de temps à livrer ses secrets. Cependant, je conseillerais ce livre à tout le monde, matinaux ou non, pour vous prouver que le lundi matin peut démarrer du bon pied! Et alors on deviendra une petite communauté de lève-tôt hyper productifs et heureux dans la vie, qui sait?

J’espère que vous avez apprécié cette chronique. Quel livre voulez-vous que je décortique le mois prochain?

#34 “A book with magic”

Voilà, j’annonce officiellement qu’il me reste quinze livres à lire pour achever ce challenge dans les temps (au 31 décembre). On y croit!

Je vois déjà votre étonnement quand je vais vous faire part du livre que j’ai choisi pour illustrer cette catégorie. Et j’avoue l’avoir un peu fait par facilité. Je n’avais pas forcément envie de me lancer dans un livre de Fantasy ou dans la trilogie du Seigneur des Anneaux.  Du moins pas tout de suite. En panne d’inspiration à l’heure de m’attaquer à un nouveau livre, j’ai pensé à ma nouvelle acquisition que je feuilletais d’un air distrait en mangeant. La Magie du rangement de Marie Kondo. Vous avez peut-être entendu parler de ce phénomène littéraire écoulé à près de trois millions d’exemplaires dans lequel cette jeune consultante japonaise expose sa méthode pour ceux qui veulent en finir avec le désordre. Une méthode qualifiée d’ “infaillible” par beaucoup. Il n’en fallait pas plus pour éveiller la curiosité de la grande fanatique du ménage et de l’organisation que je suis.

Marie Kondo, La Magie du rangement, First éditions, 2015, 272 pages.
Marie Kondo, La Magie du rangement, First éditions, 2015, 272 pages.

La méthode KonMari repose sur quelques principes simples: avant de se lancer dans le rangement, il faut réussir à déterminer pourquoi nous voulons le faire. Une fois ce processus identifié, il ne faut pas ranger par pièces mais par catégories d’objets: il s’agit de trier les objets selon le critère suivant: “cet objet me met-il en joie?” Au final, notre intérieur doit se retrouver uniquement rempli de choses que nous affectionnons vraiment qui restent à leur place pour toujours.

Pour tout vous avouer, je ne suis pas sûre d’adhérer à tous les préceptes de la méthode proposée par l’auteur, qui avoue être obsédée par le rangement depuis ses cinq ans. Je ne peux réfréner un haussement de sourcils devant sa totale empathie avec ses objets: le passage où elle remercie ses chaussettes et son sac à main pour l’effort qu’ils ont fourni pendant la journée m’a bien fait rire.

Cependant, je me retrouve totalement dans sa recherche d’authenticité et de réduire le nombre de ses possessions matérielles. Pour avoir déménagé tous les ans depuis cinq ans, j’ai dû m’habituer à vivre avec le contenu moyen d’une valise. C’est à présent une habitude que j’ai prise et je me retrouve vite anxieuse quand je suis entourée de trop de vêtements ou de livres. C’est dans la pratique que prêche Marie Kondo que je ne me retrouve pas: on est bien obligés de posséder de choses bien qui ne nous mettent pas en joie, non?

Au final, je ne crois pas que la méthode KonMari me convienne (son succès étant conditionné par une adhésion totale et frénétique) mais je suis ressortie de ma lecture inspirée à poursuivre ma recherche du minimalisme et à modifier mes habitudes de consommation. Et c’est déjà un peu magique!

Oh yeah Freddie, it's a kind of magic.
              Oh yeah Freddie, it’s a kind of magic.