Revue de presse

L’actualité des livres et des bibliothèques dans le monde merveilleux des Internets

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Tout bien rangé comme il faut ! (bellesbookshelf.blogspot.fr)

1- Lire pour sortir de prison: un court podcast de France Inter à écouter ici

2- Catastrophe à la bibliothèque publique de Vancouver! A lire en anglais ici (Vancity Buzz)

3- Un MOOC gratuit d’Harvard sur l’histoire de la littérature? Je dis oui! Pour s’inscrire c’est par    (EdX)

4- Les héroïnes austeniennes dans un saisissant portrait à écouter sur ce podcast de France Culture (pour les fans, écoutez la série des 4 émissions!)

5- Un très beau reportage sur une librairie secrète découverte à Damas. A lire en anglais ici (BBC Culture)

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Testé pour vous • Zéro déchet – Bea Johnson

S’il y a bien un livre qui caracole en tête des best-sellers dans le rayon “Développement personnel”, c’est bien Zéro déchet de Béa Johnson. C’est bien simple, les préceptes minimalistes et eco-responsables de cette mère de famille avignonnaise installée en Oregon sont sur toutes les lèvres (et sur tous les claviers). Lectrice intrigué de Marie Kondo et de sa Magie du rangement (voir l’article ici) et enthousiaste du “less is more“, il ne m’en fallait pas pu pour me plonger dans cette Bible de la consommation écologique et économique.

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Béa Johnson, Zéro déchet, Ed. Les Arènes, 2012, 400p.

Le pitchAvant, Béa Johnson et sa tribu vivaient comme n’importe quelle faille américaine: une grande maison remplie d’objets encombrants, de la nourriture à foison, les placards de a chambre qui débordent de vêtements jamais mis. Jusqu’au jour où les Johnson décident de déménager dans une maison plus petite et qu’ils doivent mettre une bonne partie de leurs possessions au garde-meubles. S’en suit (pour faire court) une grosse prise de conscience sur les modes de consommation actuels et sur la gestion des déchets ménagers. Béa Johnson passe alors les prochaines années à optimiser un modèle où tri, recyclage et réutilisation permettent une quasi-disparition des déchets ménagers. Un mode de vie qui selon elle s’avère plutôt économique: la famille réaliserait plus de 40% d’économies en un an!

La lecture de Zéro Déchet a provoqué chez moi une série de comportement bizarres, que je retranscris ici dans leur ordre d’apparition:

  • La culpabilité aigüe: on ne va pas se mentir, devant l’exposé des méthodes de Béa Johnson pour réduire ses déchets, ses tactiques de Sioux pour acheter un vrac et surtout ses économies impressionnantes (si tant est qu’elles soient véridiques), on regarde les emballages plastiques qui jonchent la table de cuisine, à notre tri sélectif plutôt approximatif et on se sent nul. Voire très nul. Rien qu’à voir tout ça, un ours polaire vient de s’éteindre sur la banquise du Pôle Nord. Petite pensée réconfortante: Béa Johnson était comme nous avant, et elle s’est engagée sur la voie du zéro déchet. Alors pourquoi pas nous?
  • La frénésie zéro déchet. C’est décidé, on change de vie. Fini d’acheter du jetable, adieu le plastique, par ici les bocaux et les recettes maison! Tout y passe: le frigo, la salle de bain, les vêtements. Dorénavant, les courses se feront au Biocoop du coin, munie de bocaux et de sacs en tissu. Et puis tant qu’on y est, on va aussi investir dans un composteur à lombric, du plus bel effet sous le comptoir de la cuisine. En plus, la vendeuse nous a assuré que ça serait sans odeur. On s’enthousiasme à suivre les recettes maison de Béa Johnson pour du produit nettoyant (vinaigre blanc + bicarbonate de soude = magie!) ou pour du lait de soja homemade. Et surtout, on en parle à tout le monde autour de soi: amis, collègues, tout le monde prend des leçons de zero waste, qu’il le veuille ou non.
  • Le retour à la réalité: Après quelques jours/ semaines de vie zéro déchet: un constat s’impose. Le plastique c’est nul, c’est polluant, mais ça s’avère parfois indispensable. De même que les toilettes sèches et le mascara maison s’avèrent plutôt compliqués à gérer. Bref, à ce moment, les réflexions personnelles de Béa Johnson sont tout aussi utiles: nul ne sert de vouloir tout transformer en un jour; mieux vaut y aller par étapes pour éviter de tomber dans l’excès ou de se démotiver.

 

En somme, Zéro déchet est un livre à prendre plutôt au second degré, qui peut être le déclencheur d’une prise de conscience salutaire sur ses propres modes de consommation. A l’image de La Magie du rangement, c’est un livre qui fourmille de conseils pratiques mais dont le ton péremptoire peut énerver. On en sort toutefois un peu moins bête et désireux de revoir sa façon de consommer. Et rien que pour ça, il en vaut la peine!

Revue de presse – 9

L’actualité des livres et des bibliothèques dans le monde fabuleux d’Internet

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La journée du baiser illustrée pour MyLittleParis

1- Lire enfant, pour mieux grandir (en anglais sur bustle.com)

2- Une typologie mordante des personnages de Jane Austen que l’on peut rencontrer dans la vraie vie (en anglais sur verilymag.com)

3- 100 écrivains livrent leur 10 ouvrages favoris ( telerama.com )

4- Cet été, big is beautiful! Une sélection de gros livres à dévorer (en anglais sur mrsdarcy.com)

5- Quand des étudiants font du canoé pour se déplacer dans la librairie inondée ( actualitte.com)

Quiet • Susan Cain

Avec quelques semaines de retard, voici une nouvelle édition du “Testé pour vous”. Et peut-être l’une des plus instructives, je dois dire.

Le pitch: 

Imaginez la scène: Après être parvenu(e) à vous motiver, vous avez traversé la ville en métro pour arriver dans ce bar bondé où vous ne connaissez pas grand-monde, la musique est assourdissante et la bière plutôt tiède. Vraiment, vous vous demandez vraiment ce que vous faites là quand vous pourriez être posés au chaud avec un bon bouquin et une tasse fumante en ce samedi soir frileux. Mais vous savez que si vous partez maintenant, on va vous taxer d’être asocial. Alors vous restez, juste un petite quart d’heure de plus en serrant les dents. Cette scène vous est-elle familière?

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Susan Cain, Quiet, The Power of Introverts in a World That Can’t Stop Talking, Penguin, 2012, 368p. 

Dans un monde où ceux qui parlent le plus fort sont les plus respectés, Quiet de Susan Cain explore en profondeur le monde des “introverts”, qui préfèrent l’observation et le calme aux grands débats. Le livre se concentre particulièrement sur le monde de l’entreprise, qui peut s’apparenter à une véritable jungle sans merci pour les personnalités a priori en retrait. Le tour de force de ce livre consiste à montrer qu’un leader introverti peut s’avérer meilleur que son homologue extraverti et combattif. En d’autres termes, les introverts disposent de qualités tout aussi cruciales dans le monde du travail, mais qui peinent à être reconnues.

A grands coups d’études psychologiques poussées et d’entretiens passionnants, Susan Cain élabore ici un livre riche et documenté, parfois jusqu’à la confusion. En effet, l’argumentation se développe en plusieurs temps, et navigue allègrement dans la contradiction nature vs. culture pour finalement conclure sur une thèse nouvelle, selon laquelle les individus peuvent être à la fois introverts et extroverts, dès lors qu’ils endossent des rôles pour des périodes données entrecoupées de “pauses mentales” où leur esprit solitaire et hyper-stimulé peut se ressourcer.

Au final, j’ai particulièrement apprécié cette première entrée dans le domaine de la psychologie et je conseille la lecture à toute personne qui penserait se trouver du côté des introverts (1/3 de la population rien qu’aux Etats-Unis!). La lecture de Quiet donne une perspective nouvelle aux comportements que l’on pouvait envisager comme fermés envers les autres voire négatifs. Alors mes amis, célébrons notre côté introverti et vivons en paix!

Happy Saint Patrick’s Day!

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Joyeuse fête de la Saint-Patrick ! Happy Saint Paddy’s Day !

L’Irlande… Voilà un pays qui me tient beaucoup à cœur depuis de nombreuses années. Les premiers séjours linguistiques, un grand voyage à Dublin et un intérêt inexplicable pour la culture celtique expliquent mon penchant pour ce beau pays. En ce jour spécial, il me semblait tout naturel de mettre l’Irlande à l’honneur sur le blog (histoire de vous montrer que mon obsession pour le Canada trouve un autre exutoire de temps en temps).

Je vous propose ici quelques livres et auteurs irlandais croisés au détour de mes lectures.

Dracula – Bram Stocker

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Bram Stoker, Dracula, 1897, Wordsworth Classics, 364p.

Le classique par excellence, l’incontournable qui a inspiré toute une génération de héros pâles aux dents longues. L’ampleur du phénomène littéraire est sans égal: saviez-vous qu’une suite du roman vient de paraître, publiée par le descendant de l’auteur?!  Cependant, comme pour une bonne partie des classiques de la littérature, ils sont souvent mal compris, craints et moins lus que ce que l’on croit. Je recommande donc la lecture de Dracula pour comprendre une bonne fois pour toute d’où vient cette frénésie autour du thème des vampires. Au passage, on récolte quelques frissons de peur bien sentis, preuve que le roman n’a pas pris une ride. Le plus étrange dans tout ça? L’Irlande est la grande absente du livre, l’intrigue se déroulant principalement en Transylvanie et à Londres.

 

Les Dames à la licorne – René Barjavel et Olenka de Veer

J’ai beau avoir lu ce livre il y a des années de cela, je m’en les-dames-a-la-licorne-319742rappelle comme si c’était hier. Je me souviens de la sensation d’éblouissement que m’avait procuré cette lecture. Les Dames à la licorndépeint une saga familiale dans l’Irlande du début du XIXe siècle. Une sorte de Downton Abbey sur l’île d’émeraude où les passions des personnages se mêlent aux éléments sauvages des iles irlandaises. Oui oui, vous avez bien lu: René Barjavel, le grand nom de la science fiction en France abandonne les dystopies et nous plonge dans un univers fascinant. Ayant consulté plusieurs personnes qui ont lu le livre, je crois pouvoir dire que le premier chapitre est un vrai challenge: disons que si la généalogie ne vous rebute pas, alors ce livre est pour vous!

Gens de Dublin– James Joyce

 

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James Joyce, Gens de Dublin, 1914, 154p.

James Joyce est un des écrivains irlandais les plus célébrés dans le monde. Hésitante à me lancer dans le phénoménal Ulysse, j’ai tenté un premier essai avec Gens de Dublin, recueil de nouvelles sur des personnages en quête d’identité dans la capitale irlandaise. J’ai tout de suite accroché à ce style vif et réaliste, sans concession. Les récits s’enchaînent et font de Dublin un personnage à part entière, à la fois cocon et lieu froid où les personnages évoluent , se cherchent et tâtonnent sous la plume du grand écrivain.

Prochaine étape, Ulysse donc!

Roman des Etudiants 5/5

Un mois et demi et dix livres plus tard, le Roman des Etudiants touche à sa fin. Les jurés se sont prononcés lundi dernier sur leur roman favori et l’avis a été unanime : c’est En Attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut qui a remporté tous les suffrages.

 Croyez-le ou non, mais la dernière ligne droite m’a permis de découvrir mes deux livres favoris de la sélection. Je suis donc ravie d’avoir pu tenir le rythme, sans quoi je serais complètement passée à côté de ces deux phénomènes de la rentrée littéraire.

 Celle que vous croyez– Camille Laurens

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Camille Laurens, Celle que vous croyez, Gallimard, 2016, 192p.

 Facebook et les réseaux sociaux font leur incursion dans l’œuvre littéraire depuis pas mal d’années maintenant. Celle que vous croyez élève clairement la tendance au niveau supérieur. Le nouveau roman de Camille Laurens dépeint la descente aux enfers de la narratrice Claire, 48 ans, qui sous couvert d’une  nouvelle identité virtuelle, séduit le meilleur ami de celui qui l’a quittée.  Ce qui commence comme un désir de revanche par un flirt sans conséquence se change petit à petit en un jeu très dangereux où les identités finissent par se confondre et alimenter le délire psychotique de la narratrice. Une écriture ciselée et des récits enchâssés mais jamais confus confèrent au livre un rythme haletant, identique à d’Après une histoire vraie de Delphine de Vigan, également dans la sélection RDE. J’ai été prise d’emblée par le tourbillon d’émotions et d’avatars de cette romance très Good Bye Marilou. C’est magnétique, puissant, dérangeant jusqu’au bout et le lecteur en redemande. On relève au passage les premières pages sans ponctuation, qui ne sont pas sans rappeler quelques passages de Belle du Seigneur d’Albert Cohen…  Génial!

En attendant Bojangles– Olivier Bourdeaut

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Olivier Bourdeaut, En Attendant Bojangles, Finitude, 2016, 160p.

Le voilà, notre grand gagnant du RDE 2016 ! Et comment ne pas s’incliner devant ce magnifique premier roman d’Olivier Bourdeaut ?

 Un couple danse amoureusement sur un air de Nina Simone, dans un salon bourgeois du Paris des années 1950.  Leur fils les regarde, émerveillé par leur grâce et l’adoration qu’ils se portent. C’est travers de ce même regard enfantin que l’on découvre le terrible secret de famille autour de la mère du narrateur. Un style à la Boris Vian, où le tragique se drape de burlesque, tout en élégance et en tendresse En attendant Bojangles est un premier roman plein de promesses qui est en passe de rafler tous les prix des lecteurs : en effet, le livre vient également de remporter le prix RTL-Lire 2016. Preuve que les lecteurs, étudiants ou non, reconnaissent unanimement le talent de conteur d’Olivier Bourdeaut. Pour une immersion totale, je recommande vivement de le lire avec pour musique de fond le morceau éponyme et envoûtant de la grande Nina Simone.

Ainsi se termine la série du RDE ! J’espère que vous avez aimé mes aventures et mes rencontres. Maintenant, à vous de me dire : souhaiteriez-vous voir davantage de contenus similaires à celui-ci à l’avenir ?  

Revue de presse- 5

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Je suis puissamment retournée dans ma phase Orgueil et Préjugé. Et j’assume. 

 

L’actualité des livres et des bibliothèques dans le monde fabuleux des Internets:

 

1- Les livres, des armes pour affronter la dureté du réel. A lire ici (Télérama)

2- Réflexion mordante sur les bandeaux des livres et leur impact sur les comportements des acheteurs. A lire ici (Big Browser)

3- Article hommage au grand Umberto Eco disparu le mis dernier: analyse comparée plutôt surprenante entre le maître italien et Sherlock Homes. A lire en espagnol ici (El País)

4- L’histoire dans une fabuleuse conférence de l’Ecole des Chartes,  à voir absolument sur le site de France ici!

5- Ma bibliothèque, ma bataille. A lire ici dans un très bon article de Slate

Oh, et vous pouvez lire sur le site de La Maison Dubourg tenu par mon ami Edgar la chronique que j’ai rédigée sur mon coup de coeur de cet été, Le Matou d’Yves Beauchemin. Vous pouvez même proposer vos chroniques!